Court métrage - 2026 - 14 minutes - Fiction - Argentique - Film photographique - Noir & blanc - Format 1.37:1 - Stéréo - DCP 4K - VO français sous-titré anglais
Synopsis
Claire Michelet, consultante à la Défense, est envoyée à Montréal pour aider une entreprise en proie à la faillite. Au milieu des gratte-ciel oppressants et des routines de travail,
elle se sent de plus en plus déconnectée de sa vie et de son rôle, réalisant peu à peu le vide qui la consume. Abandonnant ses responsabilités, elle se plonge dans l'errance et l'oisiveté la plus totale, lui faisant doucement retrouver ce qui l'avait éloigné d'elle-même.
Lorsque je suis arrivée à Montréal au début de l’été 2023, en quittant Paris, j’ai connu un véritable vertige. Tout m’apparaissait démesuré, loin de tout. J’ai fini par oublier Paris, au point de ne plus percevoir mon existence là-bas, comme si la ville m’avait aspirée dans une fiction où vivre devenait un décor, une liberté sans limite.
Claire-Anna Deshaies, la comédienne, venue cet été-là, a été le déclencheur du film. Elle incarnait ce désir de basculement, d’inadaptation au monde, de sortie d’un rôle social assigné. Pour elle comme pour moi, ce mouvement s’est accentué avec le rejet des trajectoires professionnelles au profit de la création, de l’expression de soi.
C’est en arpentant le centre-ville de Montréal et ses gratte-ciels aux allures de cathédrales dystopiques que j’ai pensé à la photographie pour capturer mon film, pour l’enfermer, le cloisonner. Il fallait que la forme soit en adéquation avec le propos, que le carcan social et professionnel s’immobilise même dans l’image. Ce côté à la fois futuriste et désuet simultané, ce paradoxe de la dureté du monde et de sa beauté : c’est La Jetée de Chris Marker qui m’est apparu. Le roman-photo s’est imposé comme narration, c’est de là qu’est né ce film photgraphique. J’ai choisi de raconter une histoire, un conte, d’utiliser un format universel, accessible que l’on transmet et diffuse pour garder en mémoire nos erreurs, nos apprentissages, notre vulnérabilité. Quelque chose de traduisible, dont chacun.e puisse se saisir.
La musique occupe une place essentielle : j’ai écouté et suivi de nombreux groupes à Montréal, me rendant dans des festivals punks nichés dans des galeries souterraines ou bien en écumant des boutiques de vinyles. Les morceaux de mon film sont uniquement des compositions d’artistes canadiens pour imprégner au mieux les images Elles en renforcent la matière sensible, la vibration, et inscrivent le film dans une expérience vécue de la ville.
Le conteur incarné par la voix de Laurent Ponty est un personnage clé, cette enveloppe vocale romanesque est primordiale pour pallier les mots durs et abrupts et doit donc bénéficier du traitement technique adéquat, pour donner ce ton englobant, solennel, omniscient. C’est aussi une référence au cinéma de Truffaut et à sa poésie simple, permettant de sortir le quotidien de sa banalité.
Ce film est l’aboutissement de deux années à Montréal : un vertige, une transformation, et la cristallisation d’un regard, entre récit intime et geste de cinéma.
Avec Le Garçon sur le Quai, j'ai souhaité revenir dans ce décor si particulier du quai de la gare d'Austerlitz qui fût entre 1970 et 1990 un haut lieu de rencontres homosexuelles. J'ai voulu retrouver, topographier à travers ce film des vestiges, des traces de cette époque. Recréer un lieu propice à des rencontres singulières, clandestines, avec au loin l'écho de la vie quotidienne qui s'écoule.
Ce film est né d'une rencontre avec le comédien Farid Deghiche qui s'est pleinement investi dans ce rôle. Il a réussi à insuffler une fraîcheur de jeu, une spontanéité à ce personnage désabusé et au bout du rouleau. Une présence instinctive, farouche, tel un félin ou un animal nocturne. En contraste, la comédienne franco-polonaise Alicja Jablonska a été choisie pour sa douceur, son aura, son timbre de voix slave. Ce qui les lie, c’est qu’ils sont deux êtres perdus dans la nuit et leur rencontre va peut-être sceller leur destin.
La partie chantée donne au film un côté comédie musicale en l'inscrivant dans une tradition typiquement française. La chanson adoucit le personnage du jeune homme mais surtout, elle déréalise et dédramatise l'ensemble de la fiction. J'ai compris en utilisant cette chanson que je ne voulais surtout pas filmer un drame. Le tournage fût simple et rapide avec une équipe réduite à son minimum pour composer un film souple, sec, tendu comme une chanson ou un poème de Prévert. Un film suspendu entre nostalgie et ultra contemporanéité.
Cécile Herreman - avril 2026
CLAIRE MICHELET : CLAIRE-ANNA DESHAIES
CONTEUR (VOIX OFF) : LAURENT PONTY
SCÉNARIO & RÉALISATION : CÉCILE HERREMAN
PHOTOGRAPHIE : SAMUEL COGRENNE
MONTAGE : PAUL DESMAZIERES
ASSISTANT MONTAGE : BENJAMIN TEBBACHE
SUPERVISATION MONTAGE : JOSEPH COMAR
MONTAGE SON : TRISTAN SOREAU
MIXAGE SON : LUCIEN RICHARDSON
ENREGISTREMENT : FRANÇOIS NAVARRO
VFX : ANDY ALVINO
ÉTALONNAGE :
COSTUMES : ANNA CAVALLI
COIFFURE & MAQUILLAGE : CHARLES TRICOT
SCRIPTE : LOUISE VAN DRITTS
RÉGIE : FELIPE MARCUZZO, SOULEIMEN SAIDI
TRADUCTION & SOUS-TITRES : GEORGES HERREMAN
DCP & MASTERING : HORTENSE BOUENARD
PRODUIT PAR : SYLVAIN MAUGENS